Pourquoi je suis un intégriste de la musique lossless

Comme je l’évoquais dans le billet introductif de ce blog, j’aborde mes passions avec une approche scientifique ou technique. La musique ne fait pas exception : j’ai probablement une écoute plus analytique de la musique que la moyenne. Au-delà de l’aspect artistique, je suis ainsi également sensible à la qualité de la production.

C’est l’une des raisons pour lesquelles je stocke ma musique dématérialisée en format sans perte (lossless).

Indépendamment de l’éternel débat sur ma capacité ou non (ou celle de n’importe quel individu) à entendre la différence entre un morceau compressé dans un format destructif, et le même codé sans perte, ce dernier se justifie rien que par sa pérennité et sa flexibilité.

La technique

Un format de compression sans perte permet comme son nom l’indique de numériser une source sans détruire d’informations. Après décompression, le résultat est strictement identique à la source.

On peut donc transcoder un fichier audio du FLAC1 à l’Apple Lossless, deux formats populaires à ce jour, puis vers un futur format plus efficace, sans jamais altérer le son.

À l’inverse, le transcodage d’un format de compression à perte à un autre accumulera les altérations. Si un format A éliminait les basses fréquences qu’il juge négligeables, et qu’un format B lissait les hautes fréquences qu’il juge inaudibles, à la fois les hautes et basses fréquences d’un fichier transcodé du format A au format B seraient donc altérées.

C’est ce qui se passe, d’une certaine manière, lorsqu’on passe du MP3 au AAC par exemple.

Dans le même ordre d’idée, un fichier transcodé de l’Apple Lossless (ou d’un CD audio) à l’AAC 256 kbps sera plus fidèle à l’original qu’un fichier transcodé de l’Apple Lossless au MP3 320 kbps puis à l’AAC 256 kbps.

Le principe

Pourtant, par rapport à l’analogique, l’aspect révolutionnaire du numérique n’est-il pas justement qu’il permet des recopies inaltérées en nombre illimité2 ?

Aujourd’hui, je transfère certes ma musique en AAC 256 kbps sur mes dispositifs mobiles, car leur capacité de stockage est encore trop limitée pour du lossless en masse, mais mes fichiers sont toujours des « première main ». Mais surtout, dans quelques années, lorsque le MP3 ne sera plus pris en charge, mes fichiers compressés sans perte, transcodés dans le format du moment, seront toujours identiques aux originaux.

C’est la raison pour laquelle je continue à acheter des CD audio, quitte à ne plus jamais les utiliser après numérisation, et que je n’achète de la musique dématérialisée qu’en lossless. À ce titre, le catalogue du spécialiste du genre, Qobuz, est depuis peu intégralement disponible en vraie qualité CD3.

  1. Free Lossless Audio Codec
  2. À condition toutefois de ne rien perdre en route.
  3. L’annonce sur leur blog.

2 réflexions au sujet de « Pourquoi je suis un intégriste de la musique lossless »

    • Force est de constater qu’Apple n’octroie pas de licence pour l’Apple Lossless, qui n’est à ce jour pris en charge par aucun autre dispositif que les siens.

      J’en sais quelque chose puisque j’utilise jusqu’à présent iTunes pour gérer ma musique et que je dois faire quotidiennement de lourdes concessions pour cette raison : à commencer par l’impossibilité de lire mes fichiers sur mon lecteur multimédia de salon.

      Mais je me soigne, je cherche activement une digne alternative à iTunes prenant en charge le FLAC, largement pris en charge (smartphones Android, dispositifs multimédias, logiciels).

      L’ouverture chez Apple, c’est très relatif et c’est surtout quand ils peuvent en tirer profit. 🙂

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