La police cautionne la loi du plus fort sur l’A86

J’ai assisté ce soir à une situation aberrante, démontrant s’il en était encore besoin que la police (et par extension l’état) n’hésite pas à encourager les resquilleurs au profit… du profit !

Crédit : Panoramio

Le contexte

Comme de nombreux travailleurs rentrant chez eux, j’emprunte quotidiennement la sortie n°35 de l’A86 1, toujours saturée. Chaque soir, les automobilistes roulent en accordéon tout au long de la file. Les voitures font même souvent la queue sur l’autoroute, avant l’apparition d’une première file, longeant les trois voies de l’A86 et menant à Chatou (sortie n°35 a), puis d’une seconde, toujours fluide, longeant la bande d’arrêt d’urgence et menant à Rueil 2000 (n°35 b).

Début de la sortie n°35 de l’A86

Chaque soir il y a ceux qui font sagement la queue (pour environ 10 minutes), et ceux qui resquillent en s’engageant sur la sortie au nez et à la barbe des premiers.

De nombreux resquilleurs se retrouvent donc à l’arrêt sur l’autoroute A86 en attendant qu’une âme (trop) charitable ne leur cède le passage.

À l’inverse, certains des automobilistes respectueux qui se sont insérés dès le début empruntent pour quelques dizaines de mètres la bande d’arrêt d’urgence, juste avant qu’elle ne se transforme en sortie pour Rueil 2000, contribuant ainsi à fluidifier le trafic.

Les faits

Ce sont ces derniers que la police verbalisait ce soir !

Transformation de la bande d’arrêt d’urgence en deuxième file

Arrivé à leur hauteur, j’ai fait part aux deux policiers de la brigade de l’autoroute de mon étonnement concernant leur sens des priorités.

« C’est à vous de voir, » m’ont répondu les policiers quand j’ai demandé s’ils comptaient sensibiliser les resquilleurs. C’est la loi du plus fort, soit on risque l’accrochage en résistant, soit on contribue à l’embouteillage en cédant.

Les forces de l’ordre ne feraient-elles pas mieux d’agir en prévention contre les resquilleurs, pour éviter justement que cette bande d’arrêt d’urgence n’accueille les voitures accidentées deux voies plus loin ?

« On ne peut pas être partout, » se sont justifiés les policiers sur le terrain puis un agent du commissariat du Vésinet, visiblement surpris qu’un citoyen réclame des explications, avant de conclure : « C’est qu’ils doivent avoir une bonne raison. »

Vous avez dit « transparence » ?

J’ai été invité pour ce faire à contacter le ministère de l’intérieur… Qu’à cela ne tienne ! La police n’intervient en tout cas ici qu’en fin de mois. De là à penser qu’il s’agit d’une sombre affaire de quotas…

  1. La zone sur Google Maps : http://goo.gl/maps/2BbX.

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